Dysfonction de l'articulation temporo-mandibulaire

Dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire

Par Lori Montgomery M.D., CCFP et Kate Gerry, BSc, PT, BPE

Introduction

L’articulation temporo-mandibulaire (prononcer : TEM-po-RO-man-di-bu-lair) est l’endroit où la mâchoire inférieure (mandibule) est attachée au crâne. C’est l’articulation qui vous permet d’ouvrir et de fermer votre mâchoire. Il y a un disque amortisseur entre les deux parties de l’articulation (semblable aux disques de la colonne vertébrale). Un groupe de muscles spécialisés contrôlent également le mouvement de l’articulation. Une douleur et un mauvais fonctionnement de cette articulation peuvent vous causer des problèmes pour manger et pour parler ainsi qu’une certaine difficulté à dormir.

Les signes et les symptômes

  • Une douleur à l’articulation temporo-mandibulaire sur un ou sur les deux côtés
  • Un mal de tête
  • De la douleur au cou
  • Des brûlures, des douleurs lancinantes, une douleur faciale comme des chocs électriques
  • De l’engourdissement ou des fourmillements autour de la mâchoire
  • De la douleur pour mâcher, serrer les dents ou bâiller
  • Un craquement ou blocage de la mâchoire
  • Une diminution de l’ampleur des mouvements (soit en ouvrant la bouche ou en bougeant la mâchoire d’un côté à l’autre)
  • Un changement dans la manière dont les dents du haut et celles du bas s’emboîtent

Les causes

Il y a un certain nombre de raisons de présenter les symptômes d’une dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire. En fait, il y en a trois groupes principaux, quoique plusieurs patients aient deux ou trois de ces symptômes à la fois :

  • Douleurs myofaciales
  • Problèmes structuraux
  • Arthrose
  • Trouble congénital

Les douleurs myofaciales
Des changements dans les muscles de la mâchoire causent de la douleur et des modifications de la fonction. Ce type de douleur est semblable à celle de la fibromyalgie, et les deux problèmes vont souvent de pair. Nous ne savons pas ce qui les entraîne, bien qu’ils se produisent souvent après un traumatisme consécutif à la collision d’un véhicule automobile, particulièrement quand elle a pour conséquence « l’entorse cervicale ». Souvent, ces patients avaient l’habitude de serrer la mâchoire ou de grincer des dents –, mais parfois aussi les symptômes apparaissent sans aucune raison évidente.

Les problèmes structuraux
Parfois, un disque est déplacé, l’articulation est disloquée ou un des os est brisé, ce qui se produit le plus souvent après un traumatisme sérieux, comme une importante collision automobile.

Le trouble dégénératif
De l’arthrose peut siéger dans cette articulation, de la même manière qu’elle peut toucher les autres articulations de votre corps. Elle arrive avec l’âge, bien qu’elle soit plus susceptible de se produire lorsque l’articulation a été blessée de quelque manière.

Les troubles congénitaux
Certains syndromes peuvent entraîner des difformités faciales affectant l’articulation.

Les tests diagnostiques

On ne connaît pas vraiment la meilleure manière de diagnostiquer la dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire. La façon de décrire vos symptômes et les résultats de l’examen physique de la mâchoire, du cou et des épaules par un médecin ou par un physiothérapeute constituent probablement les parties les plus importantes de votre diagnostic. Certains tests peuvent être effectués, comme une radiographie pour vous assurer qu’il n’y a aucune fracture ni aucun autre problème des os de la mâchoire. Si on vous dirige vers un dentiste ou un autre dispensateur de service de santé ayant une approche spécialisée de la dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), une imagerie par résonance magnétique (IRM) pourra être prise pour orienter les traitements comme les injections ou la chirurgie.

L’approche du traitement

Parfois, la douleur s’apaisera en utilisant des solutions simples comme manger des aliments légers pendant un certain temps ou appliquer de la glace ou de la chaleur sur les articulations douloureuses. Lorsque la douleur devient plus persistante ou plus invalidante, des traitements plus invasifs pourront être nécessaires. Il n’y a aucune preuve évidente pour nous dire quel est le meilleur traitement. Cependant, la plupart des experts recommandent des traitements qui n’entraînent pas des changements irréversibles aux dents ou à la fonction de mordre (par exemple, éviter la chirurgie, autant que possible).

Les attelles
On utilise souvent des attelles pour stabiliser la mâchoire pour les problèmes de l’ATM. On ne devrait les porter que pendant une période de temps limité, et elles ne devraient jamais entraîner des changements permanents à la fonction de mordre. Elles ont pour but de soulager les symptômes de l’ATM (non de les guérir); elles ne devraient donc jamais causer ni augmenter la douleur.

Les thérapies non médicamenteuses
Il y a un lien important entre la douleur au cou et l’ATM, c’est pourquoi renforcer ou étirer les nerfs du cou est également important. Certains physiothérapeutes sont spécialisés dans le traitement de l’ATM. Ils peuvent prescrire des exercices pour affermir les muscles autour de la mâchoire. Certains patients trouvent les traitements suivants également utiles :

  • La stimulation intramusculaire (IMS)
  • L’acupuncture
  • La rétroaction biologique
  • La thérapie nutritionnelle
  • La neurostimulation transcutanée

Les thérapies non médicamenteuses
Des études ont démontré que les thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.

Les médicaments
Les médicaments sont parfois utiles pour réduire la douleur, améliorer le sommeil et vous aider à mieux fonctionner. Ils peuvent comprendre les anti-inflammatoires, l’acétaminophène et les opioïdes faibles. Certains médicaments qui sont bons pour traiter la fibromyalgie le sont également pour la douleur de l’ATM. Ils comprennent :

  • Antidépresseurs tricycliques (comme l’amitriptyline ou la nortriptyline)
  • Gabapentine ou prégabaline
  • Tramadol ou autres médicaments semblables aux opiacés (comme la morphine)
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (comme la venlafaxine ou la duloxétine)

Le Botox (antitoxine botulinique de type A) a parfois été utilisé pour traiter la dysfonction de l’ATM. Il fait l’objet d’intenses recherches et peut s’avérer utile pour certaines personnes. Il n’a cependant pas été approuvé officiellement pour soigner la dysfonction de l’ATM. Parfois, on peut injecter une combinaison d’un anesthésique local et de stéroïdes dans l’articulation. Peu de dispensateurs de soins de santé effectuent cette procédure.

La chirurgie ou les attelles
La chirurgie ou les attelles qui modifient définitivement la fonction de mordre sont disponibles dans plusieurs centres. Elles sont appropriées à un petit nombre de patients souffrant de la dysfonction de l’ATM. Cependant, aucune étude à long terme n’évalue l’utilité et la sécurité de ces approches; elles peuvent aggraver la douleur, c’est pourquoi elles devraient être considérées avec prudence. On effectue actuellement des recherches sur la façon de créer des techniques invasives qui soient très efficaces, tout en étant le moins susceptibles de causer du tort.



Références

National Institute of Dental and Craniofacial Research/Office of Research on Women’s Health. TMJ Disorders., National Institutes of Health, NIH Publication No. 06-3487. Updated December 05, 2008.

Dimitroulis, G. The role of surgery in the management of disorders of the temporomandibular joint: a critical review of the literature. International Journal of Oral and Maxillofacial Surgery. 2005;34(2)107-13.