Algie vasculaire de la face

Algie vasculaire de la face

Par Lori Montgomery, MD, CCFP

Introduction

L’algie vasculaire de la face est moins fréquente que la migraine ou que la céphalée de tension. Elle se produit environ une fois sur 1000 personnes. Les hommes sont beaucoup plus susceptibles de souffrir d’algie vasculaire de la face que les femmes. Dans l’algie vasculaire de la face, les maux de tête, quoique brefs, se produisent par groupes de plusieurs maux de tête par jour, souvent presque en même temps. Ils auront souvent lieu quotidiennement, en fait, pendant des jours, des semaines ou des mois, pour ensuite disparaître pendant des semaines ou des mois (appelée intérim).

Les signes et les symptômes

Les signes et les symptômes peuvent comprendre :

  • Douleur vive sur un côté de la tête – souvent autour de l’œil, de la tempe, du front ou de la joue;
  • Douleur à la base du crâne ou du cou sur le même côté que le mal de tête;
  • Douleur dure habituellement de 30 à 90 minutes, disparaît, pour revenir plus tard dans la journée. Certains patients ont de très brefs épisodes qui se produisent des centaines de fois par jour;
  • Écoulement nasal;
  • Larmoiement, rougeurs ou œdème autour de l’œil sur le même côté que le mal de tête;
  • Changements de la taille de la pupille;
  • Chute de la paupière;
  • Agitation ou nervosité durant une attaque;
  • Alcool déclenche souvent les attaques;
  • Attaques se produisent souvent durant la nuit et réveillent le patient.

Les causes

Nous ne savons pas exactement ce qui cause l’algie vasculaire de la face. Comme dans la migraine, il semble que la dilatation et la constriction (ouvrir et fermer) des vaisseaux sanguins soient en cause. Nous pensons que le cycle débute dans une partie du cerveau appelée hypothalamus. Plusieurs personnes souffrant d’algie vasculaire de la face sont de gros fumeurs ou ils consomment quotidiennement de l’alcool; nous pensons donc que cela peut faire partie de la cause de ce trouble.

Les tests diagnostiques

Il y a un ensemble de critères utilisés pour diagnostiquer la migraine qui ont été établis par l’International Headache Society. Ils comprennent un certain nombre de signes et de symptômes qui sont énumérés ci-dessous. Votre examen physique devrait être normal entre deux maux de tête. Si ces critères s’appliquent à votre état et que votre examen est normal, vous n’avez pas besoin d’analyses de sang, de tomographie par ordinateur (TO), également appelée tomodensitométrie ni d’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour établir un diagnostic. Si votre examen physique n’est pas normal, il pourrait être nécessaire de passer d’autres tests, afin de vous assurer que votre mal de tête n’est pas causé par quelque chose d’autre.

L’approche du traitement

Évitez l’alcool
L’alcool est un facteur déclenchant lié à cette maladie, vous devriez donc l’éviter.

Les médicaments
Certains médicaments peuvent être utiles pour traiter un mal de tête au moment où il survient (médicaments symptomatiques). Mais, parce que les maux de tête ne sont pas prévisibles et parce qu’ils sont souvent très brefs, ce n’est pas habituellement la meilleure approche. Ils comprennent :

  • les triptans
  • les ergots
  • le vaporisateur nasal de lidocaïne
  • le vaporisateur de capsaïcine
  • l’indométacine
  • les opiacés

Il est habituellement plus utile de prendre un médicament chaque jour afin de réduire la fréquence et l’intensité des migraines (médicaments prophylactiques ou préventifs). Ils comprennent :

  • le vérapamil : d’habitude aux plus fortes doses permises pour la migraine ou pour la céphalée de tension
  • les stéroïdes : ils sont efficaces, mais ils peuvent avoir des effets secondaires très importants
  • le lithium
  • le méthysergide
  • l’acide valproïque
  • la chlorpromazine
  • la clonidine

Les thérapies non médicamenteuses
Des études ont démontré que les thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.

Anesthésie tronculaire et chirurgie
Il y a d’autres thérapies plus invasives qui sont étudiées pour les céphalées extrêmement graves et qui entravent la vie quotidienne. Elles comprennent l’anesthésie tronculaire et la chirurgie. Néanmoins, il y a plusieurs effets secondaires possibles à ces procédures. Et il n’existe pas encore de preuves suffisantes de la recherche pour les recommander.


Sites Internet

American Headache Society
www.achenet.org

Headache Cooperative of New England
www.hacoop.org

National Headache Foundation
www.headaches.org

World Headache Alliance
http://www.migraines.org/help/helpintl.htm

Réseau canadien des céphalées
www.headachenetwork.ca

Michigan Head-pain and Neurological Institute
www.mhni.com/faqs_cluster.aspx


Références

Saper JR, Dodick D, Gladstone JP. Management of chronic daily headache: Challenges in clinical practice. Headache. 2005;45(s1) S74-S85.

Saper JR, et al. Intranasal civamide for the treatment of episodic cluster headaches. Headache. 2003;43(3):306-307.

Dodick DW, Saper JR. Cluster and chronic daily headache. Neurology. 2003;60(7):S31-S37.