Une vie composée de pertes n'est pas une vie perdu - Texte de Louise Houle

Une vie composée de pertes n’est pas une vie perdu

La vie est pleine de pertes, petites et grandes. De la perte d’un instant de tendresse appartenant au passé à la perte d’un être cher. Quiconque vit avec une maladie ou une douleur chronique acquiert une profonde connaissance du sentiment de perte. De nombreux deuils au fil du temps.

Par Louise Houle – 24 janvier 2016

Je vous promets de surmonter la douleur et le deuil, mais accompagnez mes pensées le temps de cette réflexion. Atteinte d’arthrite psoriasique dans la trentaine et de migraine chronique peu de temps après, mon chemin n’a pas été facile. Aujourd’hui à l’orée de la cinquantaine, j’ai besoin de faire un bilan.

Tout d’abord, j’ai dû prendre un congé de maladie et j’ai perdu mon emploi à temps plein. Je devais abandonner ma passion d’enseigner, d’interpréter et de chorégraphier des danses en ligne pour un club social duquel j’étais vice-présidente et membre enthousiaste. J’ai perdu ma fierté quand j’ai dû avoir recours au bien-être social, et j’ai failli perdre ma maison.

J’ai perdu la capacité de faire ce que je voulais quand je le voulais. Oh, et bien sûr, de réaliser mes activités au complet! Je ne pouvais plus jouer jusqu’à tard dans la nuit à des jeux sur mon ordinateur. Je n’avais plus de sommeil réparateur, même après avoir renoncé à dormir avec mes animaux. Je ne pouvais plus chanter dans un chœur et participer à des joutes d’improvisation pour me divertir.

Toute idée de projet que je pouvais avoir ou aspirer à réaliser au complet « prenait le bord » rapidement. Je commençais à perdre confiance en mes capacités. Qu’est-ce que j’étais encore capable de faire? Où se dirigeait ma vie? Si je ne travaillais pas, quelle était ma valeur?

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