Syndrome douloureux régional complexe

Syndrome douloureux régional complexe

Par Lori Montgomery, MD, CCFP

Introduction

Le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) est un trouble neurologique antérieurement appelé « dystrophie sympathique réflexe » (prononcer : DYS-tro-fie SYM-PA-tik RÉ-flex). Il a également été connu sous différents autres noms, étant donné qu’il a d’abord été décrit par les chirurgiens durant la guerre civile américaine (guerre de Sécession).

Les patients souffrant de SDRC éprouvent de la douleur chronique dans une certaine partie de leur corps, le plus souvent dans un bras ou dans une jambe. Cette maladie apparaît beaucoup plus grave que ce à quoi on pourrait s’attendre en considérant la blessure originale. Par exemple, la douleur peut commencer après s’être infligé une entorse mineure ou après avoir subi une simple chirurgie d’un jour qui devrait normalement entraîner une douleur légère à modérée à court terme.

Les deux types de SDRC

Le SDRC est rare, mais les patients qui en sont atteints éprouvent une douleur chronique aiguë et invalidante. Il y a deux types de SDRC, pour lesquels les symptômes et le traitement sont les mêmes. Le type 1 ne met en cause aucune lésion nerveuse connue. Le type 2 présente une lésion nerveuse évidente comme source de douleur.

Les signes et les symptômes

Tous les patients atteints de SDRC éprouvent de la douleur chronique dans une certaine partie de leur corps (la plupart du temps dans un bras ou dans une jambe). Le plus souvent, ils auront également certains des symptômes suivants :

  • Une différence de température ou de couleur de la peau du membre touché
  • Des limites dans l’amplitude du mouvement du membre
  • Une peau très sensible, semblable à un coup de soleil douloureux
  • De la transpiration excessive dans le membre touché
  • L’œdème d’une main ou d’un pied
  • Des tremblements
  • De la faiblesse dans un bras ou dans une jambe
  • Des changements de la peau, des cheveux ou des ongles du côté touché
  • Une diminution de la densité osseuse (et de possibles fractures)

Les causes

La cause du SDRC est inconnue. Chose certaine, la maladie comporte un mauvais fonctionnement du « système d’alarme » de la douleur. Des signaux de douleur sont envoyés sans raison valable.

Les tests diagnostiques

Il n’existe aucun test particulier de diagnostic aidant à identifier le SDRC. Son diagnostic est uniquement basé sur les résultats de l’histoire et de l’examen physique du patient.

L’approche du traitement

Les médicaments
Étant donné que le SDRC ne se rencontre pas souvent, il existe peu de recherches sur les traitements à appliquer à ce trouble. Il y a cependant un certain nombre de traitements pour la douleur chronique qui sont utilisés fréquemment pour le soigner. Mais il n’existe pas de traitement unique pour soigner tous les symptômes du SDRC. Plusieurs patients utilisent une ou plusieurs des médicaments suivants :

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utiles s’il y a de l’œdème ou de la chaleur dans les membres (des anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou le naproxen)
  • Antidépresseurs tricycliques (comme l’amitriptyline ou la nortriptyline)
  • Gabapentine ou prégabaline
  • Tramadol ou autres médicaments comme des opiacés (comme la morphine)
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (comme la venlafaxine ou la duloxétine)
  • Calcitonine ou bisphosphonates sont utiles pour aider à maintenir la densité osseuse ou pour la renforcer

Les thérapies d’injection
Certaines thérapies d’injection ont été utilisées pour soigner le SDRC pendant un certain nombre d’années. Même si les preuves de la recherche sont rares pour ces thérapies, elles constituent une option pour certains patients. Elles comprennent l’anesthésie tronculaire et le bloc régional intraveineux. Les procédés plus invasifs (par conséquent plus risqués) qu’on essaie actuellement comprennent :

  • la neurostimulation
  • perfusion intrathécale de médicament
  • la stimulation du cortex moteur

Les thérapies non médicamenteuses
Des études ont démontré que les thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des d’activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.

Certains patients trouvent utiles des traitements comme l’acupuncture ou la neurostimulation transcutanée. La physiothérapie peut aider à maintenir l’amplitude des mouvements et prévenir la faiblesse des membres. L’aquathérapie est particulièrement efficace, même si plusieurs patients sont sensibles à la température et exigent de l’eau chaude dans la piscine pour faire leurs exercices.


Références

Complex regional pain syndrome: Treatment guidelines (third edition).Reflex Sympathetic Dystrophy Syndrome Association (RSDSA), 2006 Jun. p. 67