Vulvodynie ou névralgie pudendale

Vulvodynie ou névralgie pudendale

Par Lori Montgomery, MD, CCFP et Magali Robert, MD, FRCSC

Introduction

La vulvodynie (prononcer : VUL-vo-di-ni) est le terme utilisé pour décrire la douleur de la vulve, qui est la région entourant le vagin. Cette douleur peut provenir de plusieurs sources différentes, et ses symptômes peuvent varier de vraiment bénins à très graves. Nous ne connaissons pas vraiment la fréquence de cette douleur, parce qu’il arrive souvent que les femmes ne consultent pas pour cela. Elle entraîne souvent beaucoup de détresse émotionnelle et psychologique, peut-être parce qu’elle affecte beaucoup les relations et parce qu’il est pénible pour les femmes de parler de ce problème.

Les signes et les symptômes

  • Une douleur qui brûle ou qui pique dans la région entourant le vagin.
  • La douleur commence souvent lentement, sans cause apparente, et elle peut disparaître tout aussi rapidement.
  • La douleur s’aggrave souvent lors de relations sexuelles, de l’insertion de tampons, de la miction, en restant assise pendant de longues périodes de temps, en faisant de la bicyclette ou en portant des vêtements ajustés.
  • Des démangeaisons.
  • Une sensation d’écorchure, avoir l’impression d’avoir un coup de soleil.
  • Des problèmes de miction (à uriner) ou de constipation (quand les muscles du plancher pelvien deviennent tendus à cause de la douleur).

Les causes

Bien que plusieurs personnes croient que la vulvodynie soit une sorte de douleur neuropathique, sa cause exacte demeure inconnue. Certaines choses vous rendent plus susceptibles d’en souffrir. Elles comprennent :

  • l’utilisation de savon, de produits d’hygiène féminine ou de produits parfumés pour le bain;
  • le diabète;
  • une chirurgie antérieure, une biopsie ou autres manipulations dans cette région;
  • une douleur ou un fonctionnement anormal des muscles du plancher pelvien.

Parfois, une irritation du nerf pudendal peut causer la vulvodynie. Si c’est le cas, on l’appelle « névralgie pudendale ».

Les tests diagnostiques

Le médecin vous fera un examen physique, afin de constater s’il y a des rougeurs ou d’autres problèmes qui expliquent vos symptômes. Un test Pap et un examen pelvien ainsi qu’un prélèvement pour la levure et les infections bactériennes seront également nécessaires. On a parfois besoin d’un test plus approfondi si un de ces tests s’avère anormal. Avec une vulvodynie, l’examen semblera normal.

L’approche du traitement

Les médicaments
On a découvert dans de nombreuses études sur des patients atteints de fibromyalgie que plusieurs médicaments sont efficaces pour cette maladie. Néanmoins, ce ne sont pas tous les médicaments qui peuvent vous convenir, étant donné vos autres problèmes de santé et les médicaments que vous prenez. Certains patients peuvent bénéficier des médicaments suivants :

  • Antidépresseurs tricycliques (comme amitriptyline ou nortriptyline)
  • Gabapentine ou prégabaline
  • Tramadol
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (comme venlafaxine ou duloxétine)

Certains médicaments à base de cannabinoïdes peuvent également aider certains patients à mieux dormir.

L’exercice
Les exercices d’aérobie se sont avérés très efficaces dans le cas de la fibromyalgie. Le terme « aérobie » signifie « comprenant de l’oxygène ». Ces exercices sont souvent effectués à un niveau modéré pendant une longue période de temps. Par exemple, courir de longues distances est une activité d’aérobie, qui est cependant difficile à accomplir pour plusieurs patients souffrant de fibromyalgie, à cause des crises de douleur ou de la fatigue qui s’accumule. Quelques fournisseurs de soins de santé ont de l’expertise pour créer un programme d’activités qui vous permet d’augmenter graduellement vos exercices sans provoquer de crises de douleur.

Les thérapies non médicamenteuses
Des études ont démontré que les thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.


Références

Vulvodynia and Vulvar Vestibulitis: Challenges in Diagnosis and Management, JF Metts, American Family Physician March 15, 1999

MayoClinic.com. Vulvodynia. www.mayoclinic.com>. Last accessed March 2, 2009.

Harris G; Horowitz B; Borgida A. Evaluation of Gabapentin in the Treatment of Generalized Vulvodynia, Unprovoked. Journal of Lower Genital Tract Disease. January 2008;12(1):65.

Masheb RM, Kerns RD, Lozano C, Minkin MJ, Richman S. A randomized clinical trial for women with vulvodynia: Cognitive-behavioral therapy vs. supportive psychotherapy. Pain. 2009; 141(1-2):31-40.