Dysménorrhée

Dysménorrhée

By Lori Montgomery, MD, CCFP and Magali Robert, MD, FRCSC

Introduction

« Dysménorrhée » (prononcer : DIS-MÉ-nor-ré) est le terme médical pour les crampes menstruelles. La plupart des femmes qui sont menstruées ont quelques crampes. Pour certaines, c’est seulement agaçant, alors que chez d’autres, c’est sérieux et invalidant.

Les signes et les symptômes

  • Des crampes au bas-ventre, qui s’étendent parfois jusqu’à la région lombaire, aux hanches et aux jambes.
  • Elles débutent un peu avant ou au commencement de la période menstruelle, et la plupart du temps, elles durent d’un à trois jours.
  • Certaines femmes vont également avoir des nausées, des maux de tête, de la diarrhée ou être constipées.

Les causes

La dysménorrhée primaire
La dysménorrhée peut être primaire ou secondaire. La dysménorrhée primaire est une douleur qui n’est causée par aucun trouble gynécologique. Ce sont des types de crampes que subissent la plupart des femmes. Les prostaglandines sont des produits chimiques semblables aux hormones, qui sont libérés au cours de la période menstruelle. Il semblerait que ce soit elles qui causeraient des contractions utérines et la douleur. On a également découvert que les femmes ayant une dysménorrhée plus grave ont aussi un taux plus élevé d’une hormone appelée vasopressine. Celle-ci rend les contractions utérines plus intenses et peut-être plus douloureuses.

La dysménorrhée secondaire
La dysménorrhée secondaire fait référence à une douleur causée par un trouble gynécologique sous-jacent, comme l’endométriose, un léiomyome utérin ou l’adénomyose utérine (une tumeur non cancéreuse ayant les caractéristiques de l’endométriose, située dans la paroi musculaire de l’utérus). Il y a plusieurs autres causes à la dysménorrhée secondaire, trop pour en faire ici une liste exhaustive. La relation entre l’endométriose et la douleur est loin d’être claire. Chez plusieurs femmes, une endométriose est découverte lors d’examens passés pour d’autres raisons, mais elles ne ressentaient aucune douleur. Par contre, plusieurs femmes peuvent souffrir d’endométriose légère, mais elles ont des douleurs aiguës. Les femmes devraient être prudentes et ne pas subir de multiples chirurgies pour tenter d’éliminer un problème qui revient continuellement. Cela peut irriter les muscles de la paroi abdominale et peut même aggraver la douleur.

Les tests diagnostiques

Votre médecin procédera à un examen physique, y compris un examen pelvien (interne). Parfois, il vous fera passer une échographie afin de s’assurer qu’il n’y a aucun léiomyome utérin ni aucune anormalité structurelle de l’utérus ou du col de l’utérus causant de la douleur. S’il y a une raison de suspecter la présence d’endométriose ou d’autres problèmes aux organes pelviens, il peut décider de procéder à une laparoscopie. C’est une chirurgie dans laquelle on procède à une petite incision (coupure) et à l’insertion d’une petite caméra à fibres optiques pour examiner l’utérus et les autres structures du bassin.

L’approche du traitement

Un traitement sera recommandé si on trouve une cause à la douleur, quoiqu’initialement, la thérapie pour la dysménorrhée primaire et secondaire soit la même. Si votre médecin diagnostique une dysménorrhée secondaire, il vous recommandera un certain traitement pour la soigner (comme réduire un léiomyome ou enlever une tumeur). S’il diagnostique une dysménorrhée primaire, il y a un certain nombre de choses qui peuvent être utiles.

Les médicaments anti-inflammatoires
Le traitement le plus efficace pour soigner la dysménorrhée primaire est un médicament anti-inflammatoire comme :

  • l’ibuprofène
  • le naproxen
  • l’acide méfénamique

Votre médecin peut vous proposer de commencer à le prendre un ou deux jours avant que votre période menstruelle ne débute et de le prendre régulièrement pendant deux ou trois jours. Il est important de le prendre tôt et systématiquement (pendant 24 ou 48 heures), sinon il est susceptible de ne pas être aussi efficace.

Les contraceptifs oraux
Vous pouvez choisir de prendre la pilule anticonceptionnelle, surtout si vous avez également besoin d’un contraceptif. Cela rend la période menstruelle moins fatigante, plus régulière, et diminue la libération des prostaglandines. On peut prendre des contraceptifs oraux en tout temps pour arrêter complètement les menstruations, si nécessaire.

Le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel
Le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel (ou Mirena DIU) a également été étudié pour soigner la dysménorrhée avec des résultats prometteurs. Il est différent du vieux DIU, parce qu’il libère une petite quantité de progestérone. Cela rend les périodes menstruelles moins fatigantes et diminue la production de prostaglandines.

Les hormones synthétiques
On peut supprimer le cycle menstruel au moyen d’hormones synthétiques comme le danazol (Danocrine) ou encore l’acétate de leuprolide (Lupron), qui sont cependant des médicaments très chers. Ils ont éventuellement des effets secondaires graves, y compris celui d’élever le taux de cholestérol, de causer des problèmes de foie, de dépression, une croissance ou une chute anormale des cheveux ou de diminuer le timbre de la voix. On ne les utilise pas souvent.

L’exercice
Faire de l’exercice avant ou pendant votre période menstruelle peut soulager quelque peu votre douleur. L’acupuncture/digitopuncture et la neurostimulation transcutanée se sont avérées utiles pour certaines femmes aussi.

Le yoga et les compléments en vitamines
Certains patients trouvent de l’aide dans le yoga. Il n’y a cependant pas beaucoup de recherche pour prouver son efficacité. L’utilisation de compléments comme les vitamines B1 et B6 ainsi que l’huile d’animal marin peut vous être utile. Des études ont démontré que certaines thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et aider à l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.


Références

French L. Dysmenorrhea. American Family Physician. January 2005;15;71(2):285-91.
Society of Obstetricians and Gynecologists of Canada. Primary Dysmenorrhea Consensus Guideline. Available online at: www.sogc.org/guidelines/public/169E-CPG-December2005.pdf Journal of Obstetrics and Gynecology Canada. 2005;169:1117-1130.