Douleur pelvienne chez les hommes

Douleur pelvienne chronique chez les hommes

Par Lori Montgomery, MD, CCFP et Magali Robert, MD, FRCSC

Introduction

La douleur pelvienne chronique est la raison la plus habituelle chez les hommes de moins de 50 ans de consulter un urologue. Elle est pourtant vraiment mal comprise. Les médecins l’appellent « prostatite » (prononcer : PROS-ta-tit) depuis plusieurs années, principalement parce que lorsque les médecins procèdent à l’examen d’un homme aux prises avec ce problème, la prostate est très fragile. Le suffixe « ite » veut dire inflammation. Lorsque vous examinez une prostate malade au microscope, on ne voit aucune inflammation (œdème), c’est pourquoi le terme « prostatite » n’est pas bien choisi. Ce problème a traditionnellement été traité aussi avec des antibiotiques. De plus, il s’avère qu’il y a rarement des bactéries en cause.

Les signes et les symptômes

  • De la douleur dans le pénis, les testicules (sans qu’une infection ou un autre problème explique la douleur); parfois de la douleur dans le bas-ventre.
  • La douleur peut être pire lors de miction, d’évacuation des selles ou de relations sexuelles.
  • La douleur s’intensifie souvent en restant assis pendant de longs moments.
  • La dysfonction érectile (des difficultés à obtenir ou à conserver une érection).

Les causes

Nous ne savons pas ce qui cause le syndrome de la douleur pelvienne chronique. Parfois, ses symptômes sont améliorés par des médicaments qui modifient les signaux nerveux. Ainsi, certaines personnes pensent qu’il s’agit d’une sorte de douleur neuropathique. Comme la vulvodynie (douleurs vulvaires) chez les femmes, elle s’intensifie par la tension dans les muscles du plancher pelvien. En fait, c’est peut-être pour cette raison que la pression sur la prostate est si douloureuse durant son examen – parce qu’un tel examen entraîne de la pression sur certains muscles du plancher pelvien.

Les tests diagnostiques

Vous devriez passer une analyse d’urine pour vous assurer que vous n’avez pas une infection de la vessie, car une infection de la vessie cause parfois les mêmes symptômes. Parfois, un prélèvement ou un échantillon de fluide prostatique sera également effectué pour vérifier s’il y a des signes d’infection. D’après vos symptômes, votre âge et vos antécédents familiaux, vous pouvez décider avec votre médecin de passer aussi des tests de dépistage du cancer de la prostate. Si ces tests s’avèrent normaux, il n’existe aucun autre test diagnostique pour vous aider.

L’approche du traitement

Les médicaments

  • Quoique la plupart du temps, aucune bactérie ne soit en cause, parfois la douleur répond à des antibiotiques comme la minocycline et l’erythromycine. C’est peut-être parce qu’en plus de tuer les bactéries, les antibiotiques réduisent aussi le taux des produits chimiques qui favorisent l’inflammation (œdème) dans le corps.
  • La doxazosine est un médicament pour la pression artérielle qui peut également réduire les spasmes musculaires et qui est parfois utile pour soigner le SDPC.
  • La douleur du SDPC fluctue souvent. Il peut s’avérer préférable d’utiliser un médicament contre une douleur légère (comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène) presque tous les jours, en le combinant avec un médicament plus puissant (comme la codéine ou le tramadol) pour les poussées aiguës.
  • Si vous avez aussi des problèmes érectiles, il existe des médicaments qui peuvent aider à les traiter. Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 sont utiles si les érections n’aggravent pas la douleur.

Un certain nombre de médicaments sont utilisés pour contrôler la douleur au niveau des nerfs; certains patients souffrant de douleur pelvienne chronique peuvent en bénéficier. La preuve de la recherche pour les soutenir se limite cependant :

  • aux antidépresseurs tricycliques (comme l’amitriptyline ou la nortriptyline)
  • à la gabapentine ou à la prégabaline
  • aux inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (comme la venlafaxine ou la duloxétine)

Le traitement invasif
Des stimulateurs du nerf sacré ont été utilisés pour traiter le SDPC, mais il s’agit d’un traitement invasif. Il n’est utile que si vous êtes certain que le nerf sacré constitue la source du problème. Ce n’est pas très courant. La chirurgie pour enlever une partie de la prostate ou la prostate entière a aussi été essayée. Il n’existe pas de preuve véritable pour soutenir cette pratique. Ses effets secondaires comprennent l’incontinence et une dysfonction érectile permanente.

Les thérapies non médicamenteuses
La physiothérapie effectuée avec un thérapeute habitué à traiter les muscles du plancher pelvien peut s’avérer utile. Parfois, la douleur entourant les organes génitaux rend les muscles du plancher pelvien tendus et sensibles. C’est cela qui cause de la douleur et aggrave la douleur pelvienne chronique, rendant les activités sexuelles plus difficiles. Il y a une liste de physiothérapeutes qui traitent le plancher pelvien dans ce site. Certains patients trouvent que l’acupuncture et la neurostimulation transcutanée les aident aussi.

Des études ont démontré que des thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.


Références

Pontari M, Ruggieri M, Mechanisms in prostatitis/chronic pelvic pain syndrome [review]. Journal of Urology. 2004;172 (3) 839-45.