Cystite interstitielle (douleur à la vessie)

La cystite interstitielle (douleur à la vessie)

La cystite interstitielle (douleur à la vessie)

Introduction

La cystite interstitielle (CI) appelée aussi syndrome de la vessie douloureuse entraîne des douleurs pelviennes ou au bas-ventre, de même que des symptômes urinaires. Elle se produit quatre fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes. On la rencontre souvent chez les personnes atteintes de fibromyalgie ou de troubles semblables. Ses symptômes peuvent varier de très légers à très invalidants. Souvent, les personnes qui en souffrent connaîtront des périodes où elles auront peu de symptômes; comme dans les affections les plus douloureuses, la cystite interstitielle tend à s’aggraver immédiatement avant et pendant la période menstruelle.

Les signes et les symptômes

  • Ressentir de la pression ou de la douleur au bas-ventre et au bassin, particulièrement au-dessus de la vessie.
  • Sentir que la douleur peut augmenter lorsque la vessie se remplit ou qu’elle se vide.
  • Avoir un urgent besoin d’uriner.
  • Uriner souvent
  • Éprouver de la douleur en urinant.
  • Éprouver de la douleur lors de relations sexuelles.

Les causes

Les causes de la (CI) ou syndrome de la vessie douloureuse ne sont pas clairs. Aucune infection n’est présente. Le risque de cancer n’en est pas augmenté. La maladie se produit souvent en même temps que des désordres comme la fibromyalgie, le syndrome du colon irritable et le syndrome de l’articulation temporo-mandibulaire, ce qui amène les chercheurs à suspecter qu’il s’agit d’un signe d’un problème plus important du système nerveux dans la vessie. Plusieurs (mais pas tous) patients souffrant de la CI ou syndrome de la vessie douloureuse ont une vessie dont la couche protectrice (interne) est anormale, ce qui peut permettre aux toxines de « se répandre » dans le tissu.

Nous ne savons pas si c’est la cause ou le résultat de la CI : c’est un cercle vicieux. On croit que la cause serait un processus neuro-inflammatoire, ce qui signifie une interaction complexe entre le système nerveux et la paroi de la vessie.

Les tests diagnostiques

Un échantillon d’urine sera nécessaire pour vérifier s’il y a une infection urinaire. Souvent, les femmes souffrant de la CI ou syndrome de la vessie douloureuse seront traitées plusieurs fois avec des antibiotiques, parce que leurs symptômes sont semblables à ceux d’une infection urinaire. En fait, il n’y a aucune infection. Parfois, un test d’ultrason sera effectué, afin de s’assurer qu’il n’y a rien d’anormal aux reins, aux uretères, à la vessie ou à l’urètre. Si les symptômes sont graves, certaines personnes se verront dirigées vers un urologue, qui pourra pratiquer une cystoscopie pour voir l’intérieur de la vessie. Il y a des transformations de la paroi de la vessie qui sont très typiques de la CI ou syndrome de la vessie douloureuse.

L’approche du traitement

Chez plusieurs patients, les symptômes sont légers, parfois même ils disparaissent pendant de longues périodes de temps. Si un traitement est nécessaire, il devrait aller de pair avec certains changements fondamentaux du mode de vie. Plusieurs patients se rendent compte que certaines sortes d’aliments irritent leur vessie, comme les aliments épicés, les agrumes, les tomates, l’alcool, le café et le thé. Les patients tendent également à mieux répondre au traitement s’ils peuvent arrêter de fumer.

Comme la CI constitue un problème complexe, elle nécessite souvent de multiples approches pour demeurer sous contrôle.

La distension de la vessie
Au moment de procéder à une cystoscopie, on distend la vessie de certains patients, afin d’aider à établir un diagnostic. Pour quelque raison, cette procédure diminue la douleur de certaines personnes; c’est peut-être parce qu’elle interfère avec la façon selon laquelle les nerfs dans la paroi de la vessie transmettent la douleur. Parfois, les urologues recommenceront la procédure, même en connaissant le diagnostic, uniquement pour soulager la douleur.

Les médicaments

  • Le polysulfate de pentosane sodique (Elmiron) est un médicament utilisé habituellement pour gérer la douleur de la CI ou syndrome de la vessie douloureuse. Il peut aider à guérir la paroi de la vessie. Cela prend quelques mois avant de faire son plein effet. Il est utile pour la CI légère à modérée;
  • L’ibuprofène et l’acétaminophène (Tylenol) peuvent être utilisés pour les poussées légères;
  • Les antidépresseurs tricycliques ont été utilisés pour réduire l’intensité de la douleur et pour diminuer la fréquence à laquelle vous urinez. D’autres médicaments ayant des effets semblables sur le système nerveux parasympathique peuvent être utilisés pour tenter d’augmenter la capacité de la vessie et ainsi diminuer la fréquence des mictions;
  • Les antihistaminiques sont utiles à plusieurs personnes pour réduire la douleur. Ils sont souvent quelque peu sédatifs (vous font sentir fatigué ou chancelant), c’est pourquoi il est préférable de les prendre au coucher;
  • Pour un certain groupe de personnes, les opiacés les aident à mieux fonctionner, quoiqu’ils n’élimineront probablement pas la douleur.

La physiothérapie
La physiothérapie effectuée avec un thérapeute habitué à traiter les muscles du plancher pelvien peut être utile. Parfois, la douleur au bassin rend les muscles du plancher pelvien tendus et sensibles, qui provoquent à leur tour de la douleur, aggravant la CI ou syndrome de la vessie douloureuse et rendant plus difficiles les relations sexuelles. Vous trouverez une liste de physiothérapeutes traitant les muscles du plancher pelvien dans ce site Web.

L’acupuncture et la neurostimulation transcutanée
Certains patients trouvent des traitements comme l’acupuncture ou la neurostimulation transcutanée également utiles.

Les thérapies non médicamenteuses
Des stimulateurs nerveux implantables ont aussi été essayés pour soigner la CI ou syndrome de la vessie douloureuse. Cela peut constituer une option pour certains patients. Bien qu’on ait essayé la chirurgie pour soigner ce problème, il n’a jamais été prouvé qu’elle améliore les symptômes. Elle comporte également la possibilité d’effets secondaires graves. Des études ont démontré que des thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l’endurer. Elles comprennent :

  • la relaxation
  • la méditation
  • la répartition des activités
  • la thérapie cognitivo-comportementale

Ces stratégies d’autogestion peuvent vous aider à mieux fonctionner, de sorte que vous pourrez en faire plus, tout en jouissant davantage de la vie.


Références

National Kidney and Urologic Diseases Information Clearinghouse (NKUDIC), National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIDDK). Interstitial cystitis/painful bladder syndrome.
www.kidney.niddk.nih.gov>. National Institutes of Health NIH Publication No. 08–3220, April 2008.

Metts JF. Interstitial cystitis: Urgency and frequency syndrome. American Family Physician. October 1, 2001. Available online at:
www.aafp.org/afp/20011001/1199.html. Last accessed on March 2, 2009.

En même temps, un de ces nombreux médicaments peut être déposé dans la vessie avec un cathéter :