Douleur aiguë

Les médicaments contre la douleur aiguë

Par Peter Watson M.D. et Judy Watt-Watson M.D.

Les opiacés
Les opiacés sont utilisés contre la douleur modérée et aiguë. Le terme « opiacés » réfère à la fois aux opiacés produits par le corps, appelés « endorphines », et aux médicaments dérivés du pavot à opium. Il y a plusieurs opiacés, et nous avons déjà mentionné la codéine, qui est fréquemment utilisée en combinaison avec l’acétaminophène. La codéine n’est pas un opiacé puissant et elle présente un certain problème, puisque le corps doit d’abord la convertir en morphine pour qu’elle agisse. Or, le corps de certaines personnes ne la convertit pas en morphine. D’autres personnes, par exemple, celles de l’Afrique de l’Est peuvent trop la convertir, entraînant des effets secondaires considérables. Souvent, la codéine produit d’importants effets gastro-intestinaux comme la nausée et la constipation.

Les opiacés plus puissants comprennent la morphine (Statex), l’oxycodone (Percocet, Oxycocet, Endocet), l’hydromorphone (Dilaudid) et le fentanyl (Duragesic, Ratio-fentanyl, Ran-fentanyl). Certains opiacés sont disponibles sous forme orale à action prolongée, comprenant la morphine (MSContin, etc.), l’hydromorphone (Hydromorph Contin) et oxycodone (Oxycontin), qu’on prend toutes les 8 ou 12 heures. Le fentanyl peut être administré au moyen d’un timbre transdermique tous les deux ou trois jours. La péthidine (Demerol) a beaucoup été utilisée par le passé, oralement ou en injection, mais on ne devrait pas l’employer, pour un certain nombre de raisons. Ce médicament tend à s’accumuler dans le corps lorsqu’il est utilisé à répétition, et il peut causer des crises d’épilepsie. Son effet est également d’assez courte durée, et une grande quantité doit être prise oralement pour égaler la quantité injectée.

Le tramadol est un médicament récent au Canada, quoiqu’il soit utilisé en Europe depuis des années. Il agit comme la morphine, tout en ayant une action semblable à celle des antidépresseurs utilisés contre la douleur. On peut l’obtenir à action lente (Tramacet, qui comprend aussi de l’acétaminophène) ou prolongée (Tridural, Zytram, Ralivia).

Les effets secondaires des opiacés

Les effets secondaires des opiacés, particulièrement quand les patients commencent à les prendre, peuvent comprendre la nausée, des vomissements, de la somnolence, de la constipation, une éruption cutanée et des démangeaisons. Ces effets, sauf l’éruption cutanée et les démangeaisons, disparaissent habituellement après peu de temps. Des médicaments sont disponibles pour soigner la nausée et la constipation.

 

L’accoutumance

Parfois, les personnes ne comprennent pas très bien ce que « accoutumance » signifie. Elle réfère généralement à la recherche d’un médicament pour l’effet qu’il produit sur l’humeur et non pour soigner la douleur. L’accoutumance est également appelée « dépendance psychologique », « dépendance chimique » ou « utilisation problématique des opiacés ».

Les personnes qui sont toxicomanes continuent à augmenter leur consommation de médicaments. Elles utilisent ces médicaments malgré les dommages physiques, sociaux et psychologiques qu’ils causent. Afin d’obtenir les médicaments qu’elles veulent, elles peuvent inventer l’excuse d’avoir perdu des ordonnances, essayer de consulter deux médecins en même temps ou s’engager dans un comportement criminel. Elles peuvent parfois menacer leur fournisseur de soins.

En général, lorsque les opiacés sont utilisés pour combattre la douleur chronique, le risque de devenir dépendant est minime, à moins que la personne n’ait des antécédents d’abus de médicaments. On utilise fréquemment la méthadone pour traiter la pharmacodépendance, parce que son effet est prolongé et qu’elle ne fait pas en sorte que l’utilisateur se sent dans un « état euphorique ». Ce médicament peut être utilisé pour traiter la douleur neuropathique, à cause de son effet. Il peut également être employé pour traiter les toxicomanes qui éprouvent de la douleur chronique importante.

 

La dépendance physique
La dépendance physique réfère aux symptômes qui se manifestent lors d’un manque soudain et abrupt de médicament. Cela ne se produit pas chez tous les patients. Lorsque c’est le cas, les personnes peuvent éprouver plus de douleur, être plus conscientes, avoir de la difficulté à dormir, une accélération du rythme cardiaque, des tremblements, la chaire de poule et des frissons. Certaines personnes peuvent avoir de la congestion nasale, des éternuements et des douleurs semblables à celles d’une grippe.

 

La tolérance au médicament
La tolérance au médicament est le besoin de prendre de plus fortes doses du médicament pour obtenir le même effet. Par exemple, avec le temps, une personne peut avoir besoin de plus fortes doses de morphine pour soulager la même douleur. Ce n’est pas la même chose que l’accoutumance.